Déclaration de Priscille Trudel, Mardi 22 novembre 2016 à Québec

DÉCLARATION DE PRISCILLE TRUDEL, MARDI 22 NOVEMBRE 2016 À l’ASSEMBLÉE NATIONALE DU QUÉBEC

2016-11-22-assemblenationale-1

Vidéo (1min30sec à 5min30sec): http://www.assnat.qc.ca/fr/video-audio/archives-parlementaires/activites-presse/AudioVideo-70197.html?support=video

Transcription: http://www.assnat.qc.ca/fr/actualites-salle-presse/conferences-points-presse/ConferencePointPresse-35891.html

« Bonjour, merci d’être présent et merci à l’équipe de Québec Solidaire de nous appuyer dans nos démarches. Je m’appelle Priscille Trudel, je suis résidente de Malartic et membre du Comité de citoyens de la zone sud de Malartic, la zone la plus rapprochée de la mine à ciel ouvert Canadian Malartic. Cette zone regroupe près de 700 maisons et logements, tous situés à l’intérieur d’un rayon de 800 mètres de la mine.

Bien que nous soyons pour le développement économique de notre communauté, nous vivons de graves problèmes de qualité de vie à côté de cette mine. Chaque jour, la mine fait exploser en moyenne près de 170 000 tonnes de roches. Chaque jour, nos maisons vibrent à cause des dynamitages. Chaque semaine, des quantités importantes de poussières tombent sur nos propriétés. Chaque mois, plusieurs de nos membres se font réveiller en sursaut durant la nuit à cause des bruits de la mine. La  mine opère 24h sur 24h, 7 jours sur 7, 365 jours par année.

Nous représentons plus de 200 citoyens, familles, propriétaires, locataires et commerçants qui n’en peuvent plus de vivre à côté de cette mine. Nous voulons quitter la ville et nous éloigner de la mine. La minière Canadian Malartic nous offre de nous relocaliser, mais son offre ne nous permet pas de nous racheter une maison semblable à celle que nous avons, sans nous endetter de plusieurs dizaines de milliers de dollars. La valeur moyenne marchande de nos maisons est la plus faible de toute la région. C’est une offre inéquitable qui nous porte préjudice.

Face à cette situation, nous avons dû entreprendre des recours juridiques contre la minière Canadian Malartic. Un recours collectif a été lancé le 1er août 2016, puis une demande en injonction le 15 août 2016. La demande en injonction vise à obliger la minière à respecter en tout temps les lois et les normes du Québec. La minière compte actuellement plus de 4000 dépassements ou non-respect des normes depuis le début de l’exploitation en 2011, principalement à cause du bruit, de la poussière et des vibrations occasionnées par les dynamitages.

 Le rapport du BAPE a recommandé le 5 octobre dernier que le gouvernement revoit ses normes encadrant les mines à ciel ouvert. Le BAPE a recommandé la mise en place de zones tampons entre les mines et les citoyens, comme il en existe pour d’autres industries. Le BAPE a recommandé qu’un médiateur soit nommé pour résoudre le conflit à Malartic. Le BAPE a aussi recommandé qu’il était essentiel que la minière bonifie ses offres aux citoyens afin qu’ils puissent se relocaliser ailleurs en région, sans s’endetter. Le BAPE affirme que ce sont là des conditions essentielles à « l’acceptabilité sociale » du projet.      [Brève pause]

En conclusion : Nous sommes ici aujourd’hui pour appuyer la motion qui sera présentée à l’Assemblée nationale du Québec. Cette motion appelle le gouvernement du Québec à s’assurer du respect des droits des citoyens lors des développements miniers. Pour nous, l’acceptabilité sociale ne veut rien dire si les droits des personnes affectées par les projets miniers ne sont pas respectés. Le gouvernement doit intervenir à Malartic afin d’exiger que la minière trouve un terrain d’entente avec les citoyens les plus affectés, et ce, avant toute autorisation d’agrandissement de la mine. Merci de votre attention. »

 

Publicités