Le Comité de la zone sud garde le cap sur la défense des droits citoyens et presse le gouvernement d’agir

Malartic, 14 décembre 2016. Le Comité de la zone sud de la voie ferrée de Malartic garde le cap sur la défense des droits des citoyens et presse le gouvernement d’agir face à la plus grande mine à ciel ouvert au Canada située au cœur d’une ville.

Le Comité de citoyens, qui représente des centaines de citoyens, familles, propriétaires et commerçants situés à proximité de la mine, est en faveur du développement économique de Malartic, mais dénonce les impacts actuels de la mine et craint ceux à venir avec l’agrandissement du projet, qui verra sa taille augmentée de plus de 40%.

Le Comité de citoyens constate notamment que le programme d’acquisition et de relocalisation des propriétés mis en œuvre par la minière ne répond pas aux besoins des citoyens. À peine 40 propriétaires s’y sont inscrits à ce jour et seules 7 acquisitions ont été acceptées et complétées par la minière depuis le 1er septembre 2016. Cela représente moins de 10% des propriétés de la zone sud de Malartic, alors que nous estimons à environ 150 le nombre de propriétaires et citoyens qui souhaitent quitter cette zone.

M. Morissette, membre du Comité de citoyens : « Tel que nous le répétons depuis des mois, et tel que le recommande l’enquête du BAPE, il faut revoir les modalités du programme d’acquisition afin d’éliminer les multiples barrières qui empêchent plusieurs propriétaires d’y accéder. Il faut aussi offrir la valeur de remplacement (et non la valeur marchande) afin de permettre aux personnes de se reloger dans une propriété de taille semblable ailleurs à Malartic ou en région, sans s’endetter. »

La récente étude de M. Richard LaHaye, évaluateur agréé, inquiète le Comité de citoyens à ce sujet. Cette étude confirme que la valeur moyenne des maisons à proximité de la mine est parmi la plus faible de toute la région de la Vallée de l’Or. L’écart est considérable, avec une différence de 41 000$ à 70 000$ avec les municipalités voisines et de 50 000$ avec la moyenne régionale, et ce, même en tenant compte de l’âge des maisons.

Concernant les compensations offertes, M. Morissette ajoute : « Nous continuons d’affirmer que la compensation annuelle de 900$ par personne offerte par la minière, plus 1000$ par propriétaire, pour un total de 5,21$ par jour, est profondément injuste et inéquitable en contrepartie des impacts subis et de l’abandon de nos droits. Nous souhaitons qu’un médiateur, un arbitre ou un juge tranche cette question de façon indépendante et impartiale, et non pas que la minière agisse comme juge et partie. »

Le Comité de citoyens s’inquiète aussi des pressions et des tensions sociales à Malartic. Il tient à souligner qu’il n’apprécie pas, depuis le début du processus, le déséquilibre des forces en présence et la stratégie de la minière pour forcer, directement ou indirectement, les gens à signer le guide de compensation. Mettre une date butoir pour signer; déployer une équipe de 20 personnes à temps plein sur le terrain pendant des semaines; faire circuler un publi-reportage vidéo pour discréditer les citoyens affectés par le bruit; ce sont tous des moyens de communication pour discréditer des gens qui tentent de faire respecter leurs droits.

Rappelons que la mine Canadian Malartic, propriété d Agnico Eagle et Yamana Gold, compte déjà plus de 180 avis de non-conformité environnementale dont environ 4000 dépassements des normes depuis le début des opérations. La mine opère 24h/24h, 365 jours par année. Le bruit, les poussières et les vibrations sont les principales nuisances subies par les citoyens. Des citoyens ont entrepris des recours juridiques devant la Cour supérieure du Québec en août 2016 afin de mieux protéger leurs droits. Les causes seront entendues en mars et avril 2017.