RÉACTION DU COMITÉ DE CITOYENS AU « BILAN 2016 DE LA MINE CANADIAN MALARTIC »


Malartic, 7 février 2017. Le Comité de citoyens de la zone sud de Malartic déplore que le bilan de la minière Canadian Malartic ne regarde « qu’un seul côté de la médaille ».

La mine Canadian Malartic affirme qu’elle a passé « tous ses tests en 2016 ». Mais ce qu’elle ne dit pas, c’est qu’elle a échoué un test important en 2016 : celui de s’entendre avec 100 à 150 familles de la zone sud qui jugent les mesures en places insuffisantes et qui craignent l’augmentation des impacts à venir avec l’agrandissement de la mine et les travaux nécessaires pour la déviation de la route 117.

Leur bilan social omet également de parler des tensions et des divisions sociales qui sont plus profondes que jamais. Ce n’est pas parce que « 9 personnes sur 10 » ont signé le « Guide de cohabitation » qu’il y a « 9 personnes sur 10 » qui sont heureux de leur situation à Malartic. Beaucoup ont signé par dépit, exaspération, fatigue, stress, et non par choix.

Sur le plan environnemental, ce que la minière ne dit pas, non plus, c’est que les normes québécoises actuelles ne sont pas adaptées à la réalité des impacts d’une mine à ciel ouvert en milieu habité. Le BAPE a lui aussi confirmé qu’il fallait revoir les normes au Québec, notamment en matière : de bruit la nuit (40db recommandé, comme l’Organisation mondiale de la santé); de poussières (les pm10 ne sont pas règlementées au Québec et la norme des poussières totales qui tombent sur nos propriétés est trop permissives); de vibrations (la norme actuelle de 12 mm/s a été établie il y a plus de 30 ans pour protéger des infrastructures et non pour protéger la qualité de vie des personnes affectées par des dynamitages quotidiens; cette norme est 5 fois plus élevées que certaines des meilleures normes recommandées ailleurs dans le monde).

Sur le plan économique, la minière nous aveugle de chiffres sur les retombées en région, mais sur le terrain de la ville de Malartic, le constat est bien différent : au cours de l’année 2016, encore plusieurs commerces ont fermé leurs portes, ce qui obligent les citoyens à magasiner de plus en plus dans la ville voisine (ex : fermeture de la SAQ, du restaurent le Shack, du P’tit journal local, etc.). La population de Malartic a encore baissé en 2016, une tendance lourde que la mine n’a pas inversée—au contraire.

Recommandations du BAPE non suivies

Le Comité de citoyens déplore que plusieurs recommandations du BAPE n’ont pas encore été suivies, notamment celle d’offrir une valeur de remplacement (et non la valeur marchande) aux citoyens qui veulent quitter la zone sud afin de se reloger dans une maison de qualité semblable ailleurs dans la région, sans s’endetter. L’étude de M. Lahaye publiée en décembre 2016 confirme un écart de 41 000$ à 70 000$ de la valeur marchande moyenne des maisons de la zone sud de Malartic avec les municipalités voisines. La minière refuse également la recommandation du BAPE de conclure une entente à l’amiable avec les citoyens affectés qui jugent les mesures actuelles comme insuffisantes..

Recours juridiques & rencontre 9 février, 19h00

Nous invitons tous les citoyens de la zone sud à une rencontre publique qui aura lieu ce jeudi, 9 février, 19h00, au Théâtre Meglab à Malartic. Sera présent pour l’occasion l’avocat spécialiste Me Philippe Trudel qui répondra aux questions des citoyens et qui fera le point sur les recours juridiques en cours, soit le recours collectif et la demande en injonction. Tous les citoyens de la zone sud sont bienvenus, même ceux qui ont déjà signé le « Guide de cohabitation », car mêmes si vous avez signé une première fois pour le passé, vous avez droits d’être informés de vos droits pour la suite des opérations de la mine.

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Pour information : M. Guy Morissette, 819-757-4581