Une nouvelle étude confirme que plus des 2/3 des citoyens de la zone sud Malartic ne pourraient pas trouver de maisons comparables sans s’endetter

 

Malartic, 24 mai 2017. Contrairement aux déclarations faites ces derniers jours par les représentants de la minière Canadian Malartic, le Comité de citoyens de la zone sud de Malartic, le Regroupement vigilance mines de l’Abitibi-Témiscamingue et la Coalition Québec meilleure mine arrivent à une toute autre conclusion concernant une nouvelle étude portant sur la valeur des maisons à Malartic et l’accessibilité du marché immobilier dans les municipalités voisines.

« Les résultats de l’étude sont très clairs : alors qu’une quarantaine (40) de propriétaires se seraient inscrits au programme d’acquisition de la minière depuis le 1er septembre 2016, la nouvelle étude n’a identifié qu’une douzaine (12) de résidences comparables au cours de la même période dans les municipalités voisines de Val d’Or, de Rivière-Héva et des quartiers nord de Malartic. Cela signifie que plus des 2/3 de ces propriétaires de la zone sud n’auraient pas pu se trouver de maisons comparables dans les municipalités voisines sans s’endetter », explique M. Guy Morissette du Comité de citoyens de la zone sud de Malartic.

Lise Therrien, membre du Comité : « Pour les 2/3 restant, la nouvelle étude indique qu’ils auraient dû s’exiler jusqu’à Barraute ou à Senneterre, respectivement à 75km et 100km de Malartic pour trouver des maisons comparables sans s’endetter. Pour plusieurs, c’est un choix « forcé » inacceptable, notamment à cause de l’éloignement du milieu de travail et des services de proximité, mais aussi pour des raisons familiales ».

Richard LaHaye, évaluateur agréé et auteur de l’étude, confirme ce désavantage : « …les propriétés de nature comparable, au niveau des prix, sont pour la plupart situées hors des territoires des villes de Malartic et de Val d’Or […] Il faut toutefois considérer que ces autres secteurs ne possèdent pas nécessairement la même disponibilité de services de proximité étant situés dans des villes de taille inférieure » (p.2).

L’étude indique également qu’il est beaucoup plus difficile pour un propriétaire d’une résidence évaluée à moins de 160 000$ de trouver une maison de qualité et de prix comparable ailleurs en région. « Cela signifie qu’un paquet de citoyens se retrouvent désavantagés actuellement par le programme d’acquisition de la minière, surtout ceux les plus défavorisés et à faibles revenus », se désole Mme Therrien.

Cette nouvelle étude de M. Richard LaHaye corrobore d’ailleurs les résultats de son étude précédente, produite en novembre 2016, qui concluait que la valeur moyenne des maisons à proximité de la mine Canadian Malartic est parmi la plus faible de la région de la Vallée de l’Or, avec un écart de 41 000$ à 70 000$ avec les municipalités voisines et les quartiers nord de Malartic, et ce, même en tenant compte de l’âge des maisons. Ce constat est également en droite ligne avec la première étude de M. LaHaye déposée lors du BAPE à l’été 2016 : « L’analyse confirme qu’un citoyen qui vend sa propriété du quartier sud à Malartic rencontrerait des difficultés à se racheter une maison équivalente dans le nouveau développement au nord de Malartic [ou dans les municipalités voisines] » (R. LaHaye, juin 2016 : 3-4).

Morissette, du Comité de citoyens : « Combien d’autres études faudra-t-il faire pour confirmer ce que nous affirmons depuis des mois? Le programme d’acquisition actuelle de la minière Canadian Malartic est injuste, inéquitable et garde de nombreux citoyens de la zone sud de Malartic « en otage » dans la zone sud, incapables d’accéder au programme d’acquisition parce que la minière ne veut rien savoir de leur propriété, ou parce qu’ils seraient incapables de déménager dans une municipalité voisine en s’endettant lourdement ».

Rappelons que le Comité de citoyens de la zone sud représente une centaine (100) de propriétaires de la zone sud de Malartic. M. Morissette : « Si, demain matin, ces 100 propriétaires s’inscrivaient au programme d’acquisition actuellement offert par la minière, il serait impossible de tous leur trouver une maison comparable à prix comparable avec les données et les tendances recueillies par M. LaHaye ».

Marc Nantel, Regroupement vigilance mines de l’Abitibi-Témiscamingue : « Faut-il rappeler : ce sont les impacts de la mine qui amènent les citoyens à devoir quitter la zone sud de Malartic. Il y aurait dû avoir une « zone tampon » d’établie dès le départ. Aujourd’hui, la minière est en mode « rattrapage » et le minimum qu’elle devrait offrir est la juste « valeur de remplacement » et non la simple « valeur marchande », ce qui permettrait aux citoyens de se reloger convenablement, librement, sans s’endetter. C’est d’ailleurs ce que recommandait le BAPE ».

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Pour information :

  • Guy Morissette, membre du Comité de citoyens de la zone sud, 819-757-4581
  • M. Marc Nantel, Regroupement vigilance mines de l’Abitibi-Témiscamingue, 1-819-734-7981