Vidéo biaisée et non scientifique sur le bruit à Malartic : la minière agit de mauvaise foi et n’aide en rien à résoudre les problèmes vécus

Communiqué pour diffusion

Malartic, 7 décembre 2016. Le Comité de citoyens de la zone sud de la voie ferrée de Malartic dénonce la minière Canadian Malartic pour avoir produit et rendu publique, hier, une vidéo biaisée et non scientifique qui induit le public en erreur concernant le bruit émis la nuit à Malartic.

« Nous déplorons l’attitude de la minière qui semble mettre davantage d’efforts dans une campagne de relation publique biaisée, qui risque d’accroître davantage la fracture sociale, que de trouver des solutions réelles et un terrain d’entente avec les citoyens les plus affectés par les opérations de la mine », affirme Guy Morissette, membre du Comité de citoyens.

Le Comité de citoyens reproche notamment à la minière de manipuler, voire de tromper le public en diffusant une vidéo qui s’apparente à un reportage journalistique, mais qui n’a rien à voir avec une analyse journalistique indépendante. Le Comité de citoyens émet cinq principales critiques par rapport à la vidéo :

  1. Il s’agit d’une vidéo et d’une étude produites « par » et « pour » la minière, sans aucune supervision d’experts indépendants et non payés par la minière.
  2. La représentativité des données est biaisée et non scientifique : la minière avait le parfait contrôle sur la date et l’heure des mesures de bruit qu’elle prenait, tout en ayant également le parfait contrôle sur les équipements miniers qui opéraient au même moment. Il aurait fallu une prise de donnée aléatoire, sans que la minière sache quand les données sont prises, supervisée par une expertise indépendante, et sur une durée beaucoup plus longue.
  1. L’échantillonnage des données est extrêmement limité et correspond à moins de 0,1% des données nocturnes prises au cours d’une année. En effet, la minière ne rapporte que les données moyennes prises pendant 1 heure lors de 3 nuits seulement, alors qu’une année complète compte 365 nuits et plus de 2900 heures nocturnes (8 heures par nuit). De plus, la minière ne tient aucunement compte des données météorologiques, des ‘peak’ de bruit (forte intensité, courte durée au cout de la nuit) et des différents types de bruit (tonalité, percussion, autres, etc.), qui sont souvent les plus problématiques pour le sommeil chez plusieurs citoyens.
  1. Aucune information sur le fait que le règlement municipal de Malartic à 50dBA contrevient au niveau exigé par le ministère de l’Environnement à 45DBA dans le permis de la minière.
  1. Aucune information non plus sur le fait que les experts de la santé publique au Québec et à l’international recommandent plutôt une limite de bruit à 40 dBA la nuit, voire même 30dBA si possible. Or, le BAPE concluait récemment dans son rapport remis au gouvernement en octobre 2016: « La commission d’enquête constate que le climat sonore la nuit à Malartic, toutes sources confondues, présentait entre 2013 et 2015 de 55 à 95 % des nuits avec plus de 15 événements supérieurs à 60 dBA (Lmax) et que la valeur cible de 40 dBA recommandée par l’Organisation mondiale de la Santé était dépassée au moins une fois dans plus de 90 % des nuits» (p.221-222).

 

Autres extraits et avis du BAPE sur le bruit la nuit (p.221-222):

¨ La commission d’enquête constate que les niveaux sonores émis par la mine Canadian Malartic constituent une source de nuisance depuis le début des opérations.

¨ La commission d’enquête constate que le climat sonore la nuit à Malartic, toutes sources confondues, présentait entre 2013 et 2015 de 55 à 95 % des nuits avec plus de 15 événements supérieurs à 60 dBA (Lmax) et que la valeur cible de 40 dBA recommandée par l’Organisation mondiale de la Santé était dépassée au moins une fois dans plus de 90 % des nuits.

¨ La commission d’enquête constate que selon Canadian Malartic GP, le respect des niveaux sonores maximums de la note d’instructions 98-01 en accord avec l’interprétation du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, engendrerait des réductions dans le nombre d’équipements utilisés lors de l’exploitation de l’ordre de 25 à 30 % le jour et de 83 à 89 % la nuit. Le promoteur estime que cela pourrait compromettre la viabilité du projet.

¨ Avis – La commission d’enquête est d’avis qu’étant donné la proximité des résidences et autres lieux sensibles, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques devrait s’assurer que Canadian Malartic GP étudie différents scénarios pour son projet d’agrandissement afin de respecter les exigences de la note d’instructions 98-01, incluant la réduction des activités, la mise en place de mesures d’atténuation supplémentaires et l’éloignement des sources de bruit [zone tampon incluse]. En vertu du principe Santé et qualité de vie, le promoteur devrait respecter le niveau de 40 dBA la nuit et 45 dBA le jour dans les espaces résidentiels, ou le bruit ambiant s’il s’avérait supérieur.

¨ La commission d’enquête constate que le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques dispose de moyens coercitifs visant le retour à la conformité et qu’il émet de façon systématique chaque mois depuis le début du suivi du climat sonore des avis de non-conformité pour des dépassements des niveaux sonores à respecter pendant la construction et l’exploitation de la mine Canadian Malartic. Aucune sanction, tant administrative pécuniaire que pénale, portant sur ces dépassements n’a toutefois été prise à ce jour.

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